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Les tendinites et les ruptures tendineuses.

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Alors que vous répétez les sprints et les sauts, vous ressentez une douleur juste en bas du mollet ou à l’avant du genou. C'est peut-être une tendinite ! Vous n’êtes pas le seul, les plus grands footballeurs en sont parfois victimes …
 
Un tendon, c’est quoi ?
 
Le tendon est la cordelette reliant le muscle à l’os. Il est constitué d’une multitude de petites fibres exactement comme une ficelle est formée par de nombreux filaments. Le tendon est chargé de transmettre la force du muscle jusqu’à l’articulation et provoquer le mouvement. Le muscle du mollet accroché à l’os du talon par le fameux tendon d’Achille. Lorsque ce muscle se contracte, il se raccourcit. Il tire sur le tendon. Cette cordelette tracte l’os du talon et le fait monter. Tout votre corps se soulève : votre cheville se tend, vous courez, vous sautez, vous bondissez vif comme l’éclair ! Il en est de même au niveau du genou. Quand le gros muscle de la cuisse, le quadriceps, se contracte, il tire sur le tendon rotulien et le genou s’étend.
 
Comment abîmer un tendon ?
 
Vous imaginez déjà les contraintes mécaniques imposées à cette cordelette. Tout votre poids, toutes vos accélérations passent par ce mince cordon. Pourtant les tractions exercées sur les tendons peuvent encore augmenter considérablement ! Lors de la propulsion le muscle tire dans un sens, l’os va dans la même direction. Lors de la réception, le muscle est chargé de contrôler et ralentir le mouvement. Lors d’un sprint ou d’un saut, vous retrouvez le contact du sol par la pointe des pieds. Pour éviter de frapper durement le sol avec le talon, le muscle freine votre geste. Il se contracte et tire sur le tendon vers le haut. Simultanément par l’élan, votre cheville se plie et le talon se rapproche du sol. L’os tracte le tendon vers le bas. Lors du mouvement de freinage, la cordelette est violemment étirée à chaque extrémité. Le tendon est écartelé par l’os et le muscle. Le phénomène est identique au niveau du genou. Lors des réceptions de chaque foulée, le genou se plie et le quadriceps se contracte pour amortir et relancer le mouvement. Le tendon rotulien est étiré à la fois par le tibia et par le muscle. Dans ces conditions, les contraintes mécaniques sont énormes ! Si vous abusez des entraînements avec sprints et bondissements, si vous ne vous accordez pas suffisamment de récupération, la cordelette ne tarde pas à s’irriter. Parfois les petits filaments de la ficelle se distendent ou se déchirent. C’est la tendinite.
 
La tendinite peut s’aggraver !
 
Si la sollicitation se poursuit les microfibres continuent à se dilacérer L’organisme tente de les faire cicatriser. La réparation n’est que partielle. De nouveaux filaments entourent la zone abîmée mais à l’intérieur il persiste un trou. C’est le «nodule » du tendon. Dans d’autres cas, l’arrachement s ‘étend sans que le corps ne parviennent à limiter les dégâts, c’est la rupture partielle. Enfin, à l’occasion d’un mouvement puissant, le tendon cède, il se déchire en partant de son point de faiblesse comme votre pantalon crac à partir d’un petit «accro » dans le tissu. C’est la rupture complète !
 
Comment soigner une tendinite ?
 
Les médicaments anti-inflammatoires calment l’irritation provoquée par l’arrivée des globules blancs chargés de nettoyer la lésion. Vous souffrez moins.
 
Pour permettre la cicatrisation des filaments le repos sportif est nécessaire. Lorsque la lésion est minime, il est rare de proposer l’arrêt complet de l’activité. Si la douleur disparaît à l’échauffement, il est d’usage de continuer l’entraînement en réduisant les sauts et les sprints. Il faut doser l’activité pour éviter toute augmentation des douleurs «à froid ». Si la course à pied provoque des douleurs le vélo est souvent possible. En pédalant, il ne se produit aucune réception, il n’y a pas contraction de freinage. Le tendon n’est que faiblement étiré. Les contraintes exercées sur le tendon sont juste suffisantes pour guider la cicatrisation des fibres. Elles contribuent à adapter le tendon à sa mission ultérieure. La pratique du sport en dessous du seuil douloureux vous aide à garder la forme et retrouver au plus vite votre place dans l’équipe.
 
La rééducation est indispensable. Initialement, la glace, les courants électriques apaisent les douleurs. Lorsqu’il existe un «nodule », le kinésithérapeute le frotte vigoureusement. Il veut briser la cicatrice anarchique. Progressivement, il réalise des étirements et refait travailler le tendon. Les contraintes mécaniques croissantes savamment dosées permettent de guider la réparation du tendon. Les fibres s’alignent dans l’axe des tractions, la cicatrice s’adapte à sa fonction, le tendon se prépare à assumer sa mission ! Malheur à celui qui oublierait ce réentraînement tendineux, il serait condamné à la récidive. Certaines études canadiennes semblent même montrer l’intérêt d’un renforcement au cours d’une rééducation intensive. Il faut solliciter vigoureusement le tendon dans sa fonction de freinage … même si ça fait mal ! « No pain, No gain » concluent les auteurs : « pas de douleur, pas de bénéfice » … comme si votre entraîneur vous disait : « pas de courbatures, pas de progrès ». Voilà des propos à consommer avec modération ! 
 
Comment faire lorsque le traitement ne marche pas !
 
Si vous continuez à jouer malgré la souffrance du tendon, les lésions s’aggravent. Une rupture partielle peut se constituer. Un plâtre pendant 3 à 6 semaines est à envisager. Si un énorme « nodule » se forme ou si les douleurs persistent après l’immobilisation, une opération chirurgicale est programmée. Il faut nettoyer la lésion, enlever le « nodule » et les filaments dilacérés. Souvent, le chirurgien peigne le tendon. A plusieurs reprise, Il coupe le tendon dans la longueur, parallèlement aux fibres. Le tendon s’ouvre et s’élargit comme un éventail. Chacun des espaces va se combler pendant la convalescence. A l’issue, le tendon est plus épais et plus solide. Il faut 3 à 6 mois de patience et de rééducation consciencieuse pour retrouver un tendon apte à assumer les contraintes du football.
 
En cas de rupture complète du tendon …
 
Lorsque la cordelette est totalement déchirée l’opération est inévitable chez le sportif de haut niveau. Il est nécessaire de suturer le tendon après avoir enlevé les filaments trop déchiquetés. Au niveau du genou, le chirurgien réalise parfois un cadrage métallique autour du tendon rotulien. En reliant la rotule au tibia, il assure la transmission des contraintes mécanique à la place du tendon. Ainsi, ce dernier peut se réparer paisiblement. Après l’intervention, l’articulation est immobilisée pour placer le tendon en position détendu pendant 6 à 8 semaines. Au sortir du plâtre, la kinésithérapie peut commencer. Le cadrage métallique entourant le tendon rotulien est enlevé après 3 ou 4 mois. La rééducation peut s'intensifier. Le retour à la compétition n’est envisageable que 8 à 12 mois après l’intervention.
 
 
LE CONSEIL
 
N’oubliez pas la musculation des bras et du buste !
 
Physiquement, jouer au foot consiste à enchaîner des sprints. Regardez la morphologie des sprinteurs : leurs épaules sont larges et leurs bustes imposants. En effet, les puissants muscles des cuisses prennent appui sur le bassin. Ce dernier doit être fermement maintenu en place par les abdominaux et les masses musculaires longeant la colonne. Ces muscles sont essentiels pour courir très vite. Ils réduisent aussi le risque de souffrance du bassin par cisaillement, la fameuse «pubalgie ». Lorsque vous courrez, vous lancez une jambe vers l’avant et votre bassin pivote. Afin que votre trajectoire reste dans l’axe, vos membres supérieurs doivent se balancer pour développer la même énergie en sens inverse. En plus des sprinteurs, les footballeurs vont au contact. La contraction des abdominaux et du dos rigidifie le buste. Les muscles du tronc sont indispensables pour gagner les duels ! Le renforcement musculaire du footballeur doit être complet. Le haut du corps ne doit jamais être oublié.
 
________________________________________________________________________
 
LA QUESTION
 
Faut-il faire des «à coups » pendant les étirements ?
 
Lorsque vous faites des «à coups » vous étirez brutalement votre muscle. Le système nerveux enregistre un mouvement sec et demande au muscle de réagir en se contractant. Ainsi, l’organisme protège ses muscles et ses articulations. Les masses musculaires ne s’allongent pas trop violemment. Les mouvements articulaires brusques sont contrôler par les muscles environnants. Vous comprenez désormais que pour favoriser les capacités d’allongement du muscle, il faut éviter la contraction réflexe. Lorsque vous réaliser des assouplissements, évitez les «à coups ». En revanche, pendant l’échauffement, il est indispensable de préparer l’organisme au football. Il est utile de réveiller votre système nerveux. Faîtes tourner les réflexes. Solliciter les contractions protectrices pour les muscles et les articulations. Avant chaque séance, terminez vos étirements par de petits «à coups ». Faites de grand balancier vers l’avant et sur le coté : vous préparez au mieux vos tirs et vos sprints foudroyants.
 

Docteur Stéphane CASCUA. - 2 février 2011.

Conflits d'intérêts : l'auteur ou les auteurs n'ont aucun conflits d'intérêts concernant les données diffusées dans cet article.

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L'iroman manque de fer, les autres sportifs aussi !

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Le fer est indispensable à votre santé et votre performance. Il constitue un élément central de l'hémoglobine. Cette dernière est contenue dans les globules rouges et lui donne sa couleur. C'est le fer qui capte l'oxygène lorsque le sang traverse les poumons. Il véhicule ce gaz précieux jusqu'aux muscles. Arrivé à destination, il largue sa cargaison qui permet alors la combustion des substances énergétiques et la contraction musculaire.

Quand vous courrez ou lorsque vous sautez, vos talons frappent le sol et le coussinet graisseux de votre plante du pied est écrasé. Il est traversé de nombreux vaisseaux sanguins. Les globules rouges présents éclatent et libèrent leurs hémoglobines. Le fer est libéré dans le sang et passe dans les urines.

Le muscle contient une sœur jumelle de l'hémoglobine, la myoglobine. Cette dernière, contient aussi beaucoup de fer qui fixe un peu d'oxygène. Cette petite réserve locale permet de débuter la contraction avant que les vaisseaux sanguins n'apportent le complément nécessaire. Quand vous ressentez des courbatures, vos membranes musculaires sont victimes de microdéchirures. La myoglobine et le fer quitte le muscle et gagne le sang. Le précieux métal est éliminé par voie urinaire.

Quand vous faites un effort, la majorité de flux sanguin s'oriente vers vos muscles. Il n'en reste que très peu pour le tube digestif et la paroi de la vessie. Ces organes souffrent du manque d'oxygénation et sont secoués à chaque foulée. De petites zones s'abîment et se mettent à saigner. Des globules rouges et du fer sont perdus dans les matières fécales et dans les urines.

Vous saisissez pourquoi les sportifs assidus manquent souvent de fer, surtout s'ils ne prennent pas soin de se concocter des « menus et recettes » adaptées. Les sportives sont encore plus concernées puisque à toutes ces pertes de fer s'ajoutent l'élimination massive de sang pendant les règles ! 

Voilà pourquoi, il est bon de réaliser occasionnellement une prise de sang pour évaluer le stock en fer de l'organisme. Ce prélèvement s'impose quand il s'agit de faire le point sur un état de fatigue. Il inutile de doser le fer circulant dans le sang car le corps parvient à le conserver dans les limites de la normale alors que les réserves sont au plus bas ! Il faut mesurer le taux de « ferritinémie » car cette structure constitue la forme de réserve du fer.

L'os se renforce ou fissure au contact du sport

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Chaque mouvement sportif constitue une sollicitation pour la structure osseuse. A chaque réception de foulée, le tibia du coureur de fond subit des impacts vibratoires. En déroulant le pas, le randonneur tord légèrement les petits os de son pied. Même le body-builders, en contractant puissamment ses muscles, tire sur son tissu osseux.

Chacun de ces microtraumatismes lèse un peu l’os du sportif. Heureusement, au cours de la période de repos, l’os tente de se reconstruire. S’il dispose du temps nécessaire, si on lui apporte les aliments indispensables, il se répare ! Il se reconstitue même plus fort qu’auparavant comme s’il voulait se préparer à de nouvelles agressions mécaniques. Ce phénomène est appelé par les entraîneurs le cycle de décompensation / surcompensation . Ce processus a été décrit au sein de nombreux organes et fonctions physiologiques : les muscles, le stock en énergie, les hormones, etc. Il est un moteur essentiel de progression.

Ainsi, il a été démontré que le marathonien bien entraîné avait des os plus solides qu’un sédentaire. En effet, sa structure osseuse plus dense, plus riche en fibres et en calcium. De plus, l’architecture microscopique de son os est parfaitement orientée dans l’axe des contraintes mécaniques.

En effet, la structure chimique de l’os est comparable a du béton armé. Le réseau de protéine représente les tiges en acier. Le calcium est comparable au béton qui englue ces axes métalliques. Au niveau de la hanche et du bassin la direction de la trame osseuse est tout à fait caractéristique. Sur une radiographie, on constate que les fibres partent du fémur, l’os de la cuisse, basculent vers l’intérieur, entrent de col du fémur pour résister au poids du corps posé sur les hanches. Les lignes de force en provenance de la jambe droite et de la jambe gauche se rejoignent au milieu du bassin et se soutiennent mutuellement à la manière de la nef d’une église.

L’activité physique associée à une alimentation suffisamment riche en protéines, en vitamine D et en calcium est un formidable moteur de la construction osseuse. Ce cocktail se montre particulièrement utile aux périodes charnière de la vie. Pendant la croissance, Il est nécessaire de manger 4 à 5 produits laitiers chaque jour pour édifier un os solide. Il faut également bouger : il est indispensable de pratiquer un sport imposant de la course et des sauts au moins 3 fois par semaines pendant 30 minutes. En l’absence d’impact, les os durcissent moins. Il a été démontré qu’un jeune nageur de compétition avait une densité osseuse plus faible qu’un sédentaire car il était privé de la gravitation pendant ces longues heures d’entraînement en piscine. De plus, la densification osseuse s’arrête à 25 ans. A cet âge vous avez constitué votre capital osseux pour la vie entière !

A l’âge adulte, le sport renforce très difficilement le tissu osseux et la quantité de calcium nécessaire à l’entretien de l’os est encore débattu. En cas de fracture, le repos de la zone brisée est nécessaire quelques semaines pour permettre d’ « engluer » la zone brisée. Au-delà, des sollicitations mécaniques progressivement croissantes se révèlent indispensables pour « mécaniser » le cal osseux. Là encore, elles permettent d’orienter la trame de l’os dans l’axe des contraintes afin de le préparer à sa mission. Une augmentation de l’apport en calcium en période de consolidation est proposée par certains médecins sans que son intérêt n'ait été vraiment démontré.

Après la ménopause, la trame osseuse se dégrade peu à peu jusqu’à rendre l’os fragile : c’est l’ostéoporose. Mesdemoiselles, souvenez-vous, votre résistance à la fracture du col du fémur dépend de votre alimentation et de votre pratique sportive avant 25 ans ! Si l’activité physique après la ménopause ne permet plus de densifier les os, elle réduit la perte de tissu osseux. Alors, il est conseillé de marcher voir de sautiller ou de trottiner. Il est bon aussi de faire de la gym douce pour entretenir la résistance des os à la traction. Afin de profiter au mieux de cette stimulation, il est à nouveau nécessaire de prendre 4 à 5 produits laitiers quotidiennement. Il faut également sortir tous les jours pour profiter du soleil et faire de la vitamine D indispensable à l’absorption et à la fixation du calcium. Les sports de coordination douce comme le Thaï Chi ou les « ateliers équilibre » ont prouvé leur efficacité pour diminuer le risque de chute et de fracture.

Si l’activité sportive est excessive, les microfissures provoquées par les impacts sur les os ne parviennent pas à consolider au cours du repos. Au contraire, ces lésions s’aggravent à l’entraînement suivant. Finalement l’os de fend de part en part, il se casse sans aucun traumatisme violent. C’est la fracture de fatigue. Chez une femme ménopausée, il a été mis en évidence que 6 heures de sport en charge par semaine pouvaient suffire pour briser insidieusement les os. Chez l’adulte plus jeune, ce type de blessure est favorisé par les carences alimentaires et les dérèglements hormonaux. Le manque de calcium, de vitamine D et de protéines altère la reconstruction de l’os victime de microfissures à l’exercice. Une insuffisance en hormones sexuelles diminue la stimulation des usines chimiques microscopiques chargées d’assurer la synthèse du tissu osseux. Ces altérations fonctionnelles se rencontrent en cas d’épuisement profond de l’organisme. Ce genre de surmenage est plus souvent diagnostiqué chez les femmes car il provoque des irrégularités du cycle menstruel puis une disparition des règles. La victime se retrouve en état de « ménopause précoce ». Chez l’homme cette souffrance hormonale est plus insidieuse mais elle existe et ses conséquences sur la densité osseuse sont comparables. Le cocktail surmenage sportif, carences alimentaires et disparition des règles se retrouve classiquement chez la jeune femme anorexique. Face à une fracture de fatigue, le médecin du sport se doit de rester vigilant. Il ne doit pas se contenter de soigner un « os ». Il a pour obligation de prendre en charge un individu dans sa globalité, il a pour mission de rechercher un surentraînement ou des troubles du comportement.



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