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La lésion méniscale du sportif (fissure, fracture ou déchirure du ménisque) : traitement chirurgical par la suture méniscale.

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Introduction :

Les lésions méniscales du sportif sont fréquentes. Ces lésions doivent être correctement diagnostiquées et traitées. Le traitement ne repose plus sur la simple méniscectomie qui peut être à l’origine d’altérations cartilagineuse à long terme. Le but à terme étant de préserver le cartilage chez cette population jeune et sportive qui soumet ses genoux à des contraintes majeures, il faut privilégier l’économie méniscale (suture ou abstention).
Il faut bien distinguer les lésions méniscales traumatiques des lésions méniscales dégénératives. Les lésions traumatiques surviennent chez un jeune patient de moins de 35 ans avec notion de traumatisme initial ou de microtraumatismes répétés ; alors que les lésions méniscales dégénératives concernent une population plus âgée (35/50 ans) sans aucun facteur déclenchant. Cette distinction est schématique et n’est pas toujours aussi nette. Néanmoins elle permet de nous guider dans le choix du traitement des lésions méniscales.
 

Rappel physiologique :

Les ménisques sont des fibrocartilages semi-lunaires triangulaires à la coupe. Ils ont un ancrage osseux par leurs cornes antérieures et postérieures, liées aux surfaces pré- et rétro-spinales et un ancrage capsulo-ligamentaire par le bord périphérique circonférentiel. Le ménisque n’est que partiellement vascularisé. Sa vascularisation provient d’un plexus artériel capsulaire qui pénètre dans l’épaisseur méniscale à partir de la capsule sur environ 20 % de la largeur méniscale (figure1). Il reçoit une autre vascularisation à partir de l’insertion osseuse de ses cornes. Cette vascularisation périphérique est favorable à la cicatrisation des fissures en zone « rouge rouge ».

 

Le ménisque est composé essentiellement d’eau (75%) et d’une matrice extra-cellulaire (25%) : celle-ci se compose majoritairement de collagène de type I (90%), de protéoglycanes et de protéines non collagènes. Le collagène de type I se rassemble en faisceaux qui s’alignent différemment en superficie et en profondeur. Cette configuration, radiale et circonférentielle, forme une construction optimale à la fonction d’amortissement (figure2).
A la marche ou durant la charge axiale, la structure des ménisques permet par l’alternance de la charge/décharge de créer une lubrification continue des surfaces. C’est aussi grâce à la viscoélasticité du complexe cartilage-ménisque que la surface portante s’accroît ramenant ainsi des charges excessives brutales à des niveaux physiologiques.
Les ménisques ont un rôle dans la transmission et la répartition de 50 à 70 % des contraintes. Ils augmentent la congruence articulaire et la stabilisation du genou, ils permettent l’absorption des chocs, la protection du cartilage, et enfin ils participent à la lubrification articulaire.
La conservation du capital méniscal est donc fondamentale et prévient la dégradation articulaire
 

 

Les lésions méniscales

Elles sont dues à un traumatisme
soit par surcharge excessive sur un ménisque normal
soit par une force physiologique sur un ménisque anormal (lésions dégénératives).
 

Les lésions traumatiques

Les lésions circonférentielles sont dues à des forces en rotation. Elles s’accompagnent souvent de lésions ligamentaires. Le ménisque est soumis à une force circonférentielle responsable d’une lésion périphérique verticale parfois en anse de seau. (figure 3). Parfois le traumatisme initial provoque des lésions chondrales concomitantes (figure 4) ou secondaires (figure 5) par passage de l’anse de seau sur le condyle.
Les lésions horizontales sont le résultat des forces en glissement. La notion de traumatisme initial peut manquer.
Les lésions en bec de perroquet sont secondaires à un traumatisme en torsion-compression, qui induit des lésions du segment postérieur du ménisque interne. Elles sont progressives et peuvent rester très longtemps asymptomatiques.
 

Les lésions microtraumatiques

Ces lésions sont induites par des micro-traumatismes répétés. Elles siègent au niveau des zones de charge physiologique, à savoir le segment postérieur du ménisque interne. Les lésions verticales sont secondaires à des forces en rotation qui entraînent une hypermobilité méniscale puis des lésions dégénératives. Les lésions intracorporéales sont secondaires aux forces en cisaillement, siégeant souvent dans le segment postérieur du ménisque interne. Ces lésions ne guérissent pas et provoquent de façon inéluctable une dégénérescence progressive. Ces lésions méniscales, en voie de dégénérescence, induisent par leurs irrégularités une altération du cartilage porteur.

Traitements des lésions méniscales

La lésion méniscale n’est plus « synonyme » de méniscectomie. La méniscectomie partielle n’est pas une intervention bénigne. Elle peut aboutir à une dégénérescence cartilagineuse puis à de l’arthrose. Il faut tenter de préserver le capital méniscal par une abstention thérapeutique ou par une suture méniscale. Leur traitement dépend du type de lésion, de la localisation et de l’association à une éventuelle laxité ligamentaire. Malgré tout, la méniscectomie reste le traitement de choix de la plupart des lésions.
On distingue les lésions méniscales sur genou stable de celles sur genou instable.
 

Genou instable

Les lésions méniscales associées à une laxité du genou sont le plus souvent représentées par une désinsertion périphérique du segment postérieur du ménisque interne, malgré leur potentiel de cicatrisation spontanée, elles doivent être diagnostiquées et traitées en particulier chez l’enfant et le jeune athlète. L’arthroscopie permet d’évaluer le type de lésion, élément qui conditionne l’attitude thérapeutique. Une lésion périphérique simple ou une anse de seau (luxée ou non) devra être suturée. Une lésion plus complexe associant notamment un clivage horizontal ou une languette méniscale à une désinsertion sera réséquée. L’arthroscopie permet d’évaluer également la taille et la stabilité de la lésion. Le ménisque devra être suturé, si la lésion est > à 10 mm ou s’il peut être mobilisé sous le condyle. Dans le cas contraire, un simple avivement de la lésion suffit pour permettre la cicatrisation.
Dans la laxité antérieure chronique avec lésion méniscale récente, il est souhaitable de réaliser dans le même temps opératoire une ligamentoplastie avec réparation méniscale. Une suture méniscale isolée est vouée à l’échec.
 

Genou stable

Les lésions méniscales sur genou stable sont rarement des désinsertions périphériques. La conservation du ménisque par suture est plus aléatoire. L’objectif du traitement sera de préserver le cartilage à long terme. Les lésions verticales simples ou en anse de seau doivent être suturées si le ménisque est sain. Il faut prévenir le patient du risque d’échec. Un complément de suture ou de méniscectomie partielle pourrait être indiqué secondairement. Il faut bien sur pousser les indications chez les enfants et les jeunes sportifs ainsi que pour les lésions du ménisque externe.

La suture méniscale

Quelque soit la technique (à ciel ouvert ou arthroscopique) et le mode de fixation utilisés (fils ou attaches) il faut toujours aviver la fissure à suturer sur ses deux faces, afin de retrouver un tissu méniscal vascularisé. Il faut réaliser une réparation solide, ce qui implique une suture rapprochée (5mm).

Le pronostic d’une réparation méniscale dépend de plusieurs facteurs :

L’âge du patient (meilleur chez l’enfant que l’adulte)
L’ancienneté de la lésion (plus favorable si < 3 mois)
L’état du ligament croisé antérieur (plus favorable si rupture LCA associé),
La localisation de la lésion (favorable en zone « rouge-rouge »).

Une revue de la littérature montre que la cicatrisation méniscale après réparation est obtenu dans 70% des cas sur genou stable et dans plus de 90% des cas s’il existe une rupture du LCA reconstruit dans le même temps. L’absence de réparation ligamentaire est un facteur pronostic péjoratif de la cicatrisation. La réparation méniscale protège le cartilage à long terme comme le montre les résultats de différentes séries.

De nombreuses techniques sont réalisables :

Technique « out-in » : de dehors en dedans. Elle est destinée au segment antérieur, l’accès au segment méniscal postérieur est parfois difficile.

Technique « in-out » : de dedans en dehors. Elle permet l’accès aux segments postérieur et moyen avec une contre-incision postérieure. Sa réalisation expose au risque de lésions vasculo-nerveuses.

Technique « all-inside » : tout en dedans. La suture « tout arthroscopique » peut être réalisée avec un grand nombre de matériel nouveau de réparation méniscale : flèches, vis, harpons, etc. La technique est relativement aisée mais avec un risque de lésion cartilagineuse directe par saillie du matériel, et de synovite secondaire à la présence de corps étranger. De nombreuses études biomécaniques montrent la supériorité des sutures directes classiques. C’est pourquoi de nouveaux systèmes sont actuellement disponibles pour permettre une suture par fil avec une technique « tout arthroscopique ». Le FasT Fix par exemple est un dispositif permettant sous contrôle arthroscopique de réaliser une suture par fil avec un nœud coulissant autobloquant (figures 6 et 7).
 

Conclusion

Le genou du sportif est fréquemment traumatisé. L’économie méniscale est le mot-clé pour préserver l’avenir cartilagineux du genou.
Si une lésion méniscale est associée à une rupture du ligament croisé antérieur, il faut conserver le ménisque par une abstention ou par une réparation méniscale. La réparation ligamentaire est réalisée dans le même temps opératoire. Dans le cas d’une lésion méniscale sur genou stable, il faut pousser les indications chez les enfants et les jeunes athlètes.
 

Docteur Nicolas LEFEVRE, Docteur Yoann BOHU, Docteur Serge HERMAN. - 28 janvier 2014.

Conflits d'intérêts : l'auteur ou les auteurs n'ont aucun conflits d'intérêts concernant les données diffusées dans cet article.

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